Les nationalistes de droite.

Bisbille autour de la carte électorale

avril 16, 2008 · Un commentaire

À chaque fois que cette question revient sur la table, il y a de la bisbille autour. Tellement qu’en général on finit par ne pas faire grand chose et aller de l’avant seulement avec des changements mineurs à la carte électorale. En 2002-2003, les changements appréhendés étaient tellement dérangeants qu’on a vite voulu calmer les ardeurs du DGE. C’est ce qui est en voie de se reproduire cette année.

 

S’il y a nécessité de respecter le principe démocratique fondamental qui est plutôt vieux mais qui guide toujours la plupart des démocraties modernes, soit le « representation by population », il faut aussi s’assurer que les régions ne soient pas laissées de côté. C’est ce difficile équilibre entre une représentation équitable des électeurs et une représentation équitable des régions qui complique grandement les choses lorsque vient le temps d’une réforme.

 

Si on décide qu’on applique à la lettre le principe d’un électeur = un vote, cela signifie que certaines régions, dont la Gaspésie et le Bas-St-Laurent, perdront des comtés. Si on décide que, par souci d’équité interrégionale, on laisse à ces régions tous les comtés qu’elles ont, les votes des électeurs du Montréal métropolitain et du 450 n’auront pas le même poids que ceux des régions déjà mentionnées. Dans les deux cas, il y a du mécontentement et, surtout, dans les deux cas il y a des partis politiques qui perdent au change.

 

Car il ne faut pas se le cacher : les positions des partis politiques sont en bonne partie dictées par les gains ou les pertes qu’ils envisagent par les changements apportés à la carte électorale. C’est ce qui explique que le PQ et le PLQ refusent les changements proposés par le DGE et que l’ADQ n’y est pas trop fermée et refuse la proposition des deux autres parties voulant qu’on abandonne la règle du 125 députés à l’Assemblée nationale pour en ajouter quelques-uns sans rien enlever aux régions.

 

Cette dernière proposition n’est d’ailleurs pas trop acceptable, car cela signifierait que dans l’avenir, on puisse utiliser cette possibilité et maintenir sinon augmenter le nombre des comtés protégés qui n’entrent pas dans la norme de population établie dans la loi électorale. Bref, c’est encore la bisbille autour de la carte électorale, la même vieille histoire où trop souvent les acteurs politiques en jeu manquent de courage pour faire les changements qui s’imposent et préfèrent le statut quo. Voyons voir si, en situation de gouvernement minoritaire, les choses seront différentes.

Catégories : ADQ · PLQ · PQ · Politique · Société

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