Lorsque André Boisclair est devenu le Chef du Parti Québécois à la fin de l’année 2005, il y a eu une certaine surprise, car on ne l’attendait pas au début de la course à la chefferie. Mais il a lentement gravi les échelons et a devancé Pauline Marois, qui a par la suite « quitté » la vie politique…
Lorsque Stéphane Dion est devenu Chef du Parti libéral, environ un an plus tard, la surprise a été encore plus grande, car le tout s’est décidé à la dernière minute, après plusieurs tours de scrutin où Michael Ignatieff n’arrivait pas à obtenir de majorité. Les Libéraux avaient alors choisi de confier majoritairement leur confiance à un bon soldat de leur parti, un homme qui représentait une valeur plus sûre à leurs yeux qu’un Ignatieff aux idées plus révolutionnaires.
Force est de constater que les militants ont fait de mauvais choix lors des dernières courses à la chefferie, ou alors que les chefs leur ont fait faux bond, et que si Boisclair a connu une présence lamentable à la tête du PQ, Dion se dirige exactement vers la même fin que son ex-homologue provincial. Boisclair et Dion, c’est le même combat : celui contre ses propres troupes plutôt que contre l’adversaire politique. Quand on passe plus de temps à contenir la zizanie au sein de son armée, ce n’est pas surprenant de se faire rentrer dedans par l’ennemi!
Comme dans le cas de Boisclair, la fin de Dion annonce le retour en force d’un candidat battu à la course à la chefferie. Dans le cas présent, il est difficile de dire qui de Ignatieff ou de Bob Rae serait le vainqueur, tout comme il y a eu un doute dans le cas du PQ où on ne savait pas trop qui de Marois ou Duceppe prendrait la place vacante (même si la réponse est venue rapidement par la suite). Chez les Libéraux, la différence est qu’on ne sait pas trop si cela se fera avant ou après les prochaines élections, ce qui démontre l’extrême faiblesse de Stéphane Dion.
Bref, entre Boisclair et Dion, il n’y a que trop de similitudes. Ce qui m’amène à une question fondamentale dans la vie démocratique de notre système politique, qui m’est souvent posée : est-ce possible d’avoir des idées divergentes et de ne pas toujours être d’accord avec le Chef de son parti, quand on est un élu ou un militant?
La réponse est : oui, mais il ne faut pas que ça se sache! Tout ce qui est synonyme de divergence d’opinion ou d’intérêt est interprété comme de la désunion au sein d’un parti politique, et jamais on n’en ressort quoi que ce soit de positif. Tout l’accent est mis sur la chicane et la zizanie plutôt que sur le caractère constructif d’une discussion entre points de vue opposés, et lorsque le train déraille dans cette voie, ça ne se termine jamais bien pour celui qui est aux commandes.
J’en prends comme témoins André Boisclair et Stéphane Dion.
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