Lette ouverte du Chef de l’Opposition officielle et chef de l’Action démocratique du Québec, Mario Dumont, publiée dans La Presse du samedi 15 décembre 2007
C’est d’abord comme parent que j’écris aujourd’hui ces lignes, comme un père qui se sent vivement interpellé par l’école que nous offrons à nos enfants. De réforme scolaire en réforme scolaire, il n’y a qu’une seule constante: au Québec, nous avons le sentiment de ne pas avoir notre mot à dire sur l’éducation donnée à nos enfants.
Pourtant, les parents sont les mieux placés pour déterminer ce qui convient le mieux à leurs enfants. Depuis plusieurs années, il y a un glissement important où la technocratie prend le pas sur la volonté des parents. Il faut renverser la vapeur.
Cette semaine, notre formation politique a soulevé à l’Assemblée nationale de sérieuses réserves sur le cours Éthique et culture religieuse que le ministère de l’Éducation a approuvé.
Si rien n’est fait, le gouvernement implantera ce programme dans nos écoles primaires dès septembre prochain. Ce cours banalise le patrimoine religieux du Québec en le plaçant sur un pied d’égalité avec d’autres religions. Dès l’âge de 6 ans, nos jeunes se verront enseigner Noël ou Pâques, tout comme les fêtes de l’Aïd el-Fitr, de l’Aïd el -Adha, du Wesak, de Divali ou la naissance de Guru Nanak.
Quoi qu’en dise le premier ministre Charest, le contenu du cours approuvé par le gouvernement n’accorde pas une place prépondérante à notre héritage collectif. Le gouvernement a concocté ce nouveau cours pour faire connaître 10 ou 11 religions aux enfants du Québec, et ce, dès l’âge de 6 ans. Pourtant, l’école doit être le reflet de notre société. L’enseignement doit préparer nos enfants à vivre et à s’épanouir au Québec. Notre patrimoine religieux fait partie intégrante de notre identité. Dans sa version actuelle, ce cours équivaut à nier la réalité de ce que nous sommes, en plus de favoriser l’acculturation de nos enfants.
Comme Québécois, il nous importe de ne pas confondre ouverture d’esprit et déracinement de nos enfants par rapport à notre patrimoine religieux. Les enfants d’ici doivent d’abord savoir d’où ils viennent et la source des valeurs que nous partageons. Après une analyse rigoureuse, il apparaît que le cours d’Éthique et culture religieuse approuvé pour le primaire constitue, sous sa forme actuelle, une application concrète du multiculturalisme, prôné par l’ancien premier ministre Pierre Elliott Trudeau.
C’est lui qui serait content. On tente de noyer notre identité dans une mosaïque sans repères. Il s’agit d’une vision d’un Québec sans racines, sans culture commune. Libéraux et péquistes s’apprêtent à faire ce que même le pire des gouvernements libéraux fédéraux n’aura jamais réussi: la «trudeauisation» de nos écoles dans chacun de nos villages et chacune de nos villes du Québec.
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