La comparution de Karlheinz Schreiber mardi matin aux Communes n’a pas donné les résultats escomptés. Au lieu d’écorcher Brian Mulroney, il a préféré parler de Jean Charest, affirmant que l’ex-chef du Parti Conservateur avait accepté, lors de sa course à la chefferie en 1993, un don de 30 000$ en argent comptant.
Loin de démentir les allégations de Schreiber, Jean Charest les a précisés en affirmant avoir reçu un don de 10 000$ en argent comptant, mais ce n’était pas lui qui avait sollicité l’argent et c’était plutôt son frère, Robert Charest, qui s’occupait alors de son financement.
« À l’époque, il s’agissait d’un don légal, selon les règles » a martelé Charest hier et aujourd’hui. C’est plutôt difficile que ce ne soit pas selon les règles de l’époque, parce qu’à l’époque, il n’y en avait pas de règles! Les courses à la chefferie n’étaient pas du tout encadrées par la Loi!
Au-delà des versions contradictoires de Schreiber et de Charest et en présumant de la bonne foi de notre Premier ministre, disons que lorsqu’un homme un tant soit peu louche arrive devant toi et te met 10 000$ en argent liquide sur la table pour contribuer à ta caisse électorale, il y a un minimum de questions à se poser. Où a-t-il prit cet argent? Pourquoi me le donne-t-il en argent comptant? Etc..
Mais à toutes les questions posées aujourd’hui, le Premier ministre a refusé de répondre. Il a su exactement de son frère le montant que Schreiber leur avait donné, mais il dit ne pas avoir aucun document à cet effet. En ne répondant pas aux bonnes questions et en voulant enterrer l’affaire, il ne fait que laisser planer un doute qui risque de lui nuire.
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