Les nationalistes de droite.

Réflexions sur la commission Bouchard-Taylor.

novembre 1, 2007 · Un commentaire

Plus les jours passent, plus le temps et les consultations dans diverses villes du Québec s’accumulent, plus un triste constat d’enlisement, une odeur de bourbier nauséabond plâne au dessus du grotesque cirque de la Commission Bouchard-Taylor sur les accomodements raisonnables. De simple créature politique, voulue et mise en place par un gouvernement libéral dans l’unique but d’évacuer un important débat d’une campagne électorale, elle est devenue un monstre incontrôlable où chaque intervenant s’affronte.

Loin de calmer les esprits, loin de laisser entrevoir des solutions, les consultations publiques sont plutôt devenues un défouloir collectif pour gens frustés de toute tendance. Du «nous» fustré par «eux» au «eux» frustré par «nous», c’est du domaine de la boxe social, du combat de coq, du crêpage de chignon que relèvent désormais les soi-disant débats de cette commission. Les gens s’insultent, s’accusent mutuellement de tous les maux possibles et imaginables. Loin de dégager un consensus, c’est au triomphe par excellence du communautarisme que nous assistons.

Cette commission est un chef d’oeuvre en terme de démonstration de l’échec flagrant du modèle multiculturalisme qui fût élevé et prôné par les gouvernements successifs depuis Pierre Trudeau. Dès le départ, les doutes sur l’exercice proposé par cette commission étaient immenses, nous savons maintenant qu’ils étaient fondés car on assite jusqu’à maintenant à l’exacerbation des tensions et problèmes et non à leur règlements. Pour l’instant la plus grande réussite de ce grandilocant cirque aura été d’exacerber l’esprit communautariste et de réussir à dresser les gens les uns contre les autres. Car tel est bien là la triste constation qui émane du processus, le manque flagrant d’intégration sociale.

Les «de souche» parlent en leur nom, les juifs, les catholiques, les musulmans, les premières-nations, les noirs, les urbains et les ruraux font de même. Tout ce beau monde se cache derrière son propre communautarisme, tout ce beau monde se pose en victime de l’autre, tous se réfugient dans leur caverne communautariste tel des assiégés. Cependant aucun d’eux n’avance de vision globale des choses, tous se lancent dans de grandes diarhées verbales portant sur leur nombrilisme. Le tout dans un soucis évident de dénigrer l’autre que cet autre soit «nous» ou «eux». On assite non pas à une polarisation entre «nous» et «eux», ce qui serait déjà catastrophique sur le plan social, mais bien à une multipolarisation de «nous» et «d’eux», le tout s’effectuant en fonction d’éléments culturels, religieux et ethniques différents à divers niveaux.

C’est ainsi qu’à ce point se dégage deux solutions possibles. La clef du succès social va devoir passer par l’une ou l’autre de ces options et il y aura forcément des mécontents et des abus. Soit une force politque, religieuse ou citoyenne majeure se dégage du lot et impose un nouveau modèle social. Soit une force, idéalement politique car plus efficace, réussi à calmer tout le monde et tranche tel un Salomon moderne, la juste part des choses dans un premier temps, pour ensuite raccomoder toutes ces tendances au sein d’un même tissus social. En clair soit le modèle proposé par Trudeau éclate complètement en ouvrant fort possiblement une nouvelle boite de Pandore ou ce modèle mute en une version moins communautariste sous l’égide de lois, de principes et de valeurs communes. En tous les cas, par le laisser aller flagrant des choses dont les divers gouvernements ont fait preuve, mais surtout grâce à cette commission, la seule chose prévisible à long terme est une augmentation des tensions inter-communautaire et une dégradation du climat social.

Catégories : Accomodements · Société

1 response so far ↓

  • Ben // novembre 5, 2007 à 6:03

    Réflexion ou observation générale que j’observe aussi de cette commi-cirque.

    En lieux des ‘deux solitudes’ angl0-franco, on réalise plustôt que le Québec est la société des 1001 solitudes. Tous, par tous j’entend les communaitées culturels, les groupes régionaux et villages. Tous ont fait leurs petites affaires dans leurs petite bulle s’auto-congratulant comme quoi on est un pays libre et tolérant. On s’en vante a la grandeur de la planète.

    Tout ca n’était en fait qu’une illusion, un status social par procuration mais absolument pas intégré pas la population. Les urbains reste dans leurs vision, meme chose pour les banlieusards et de même pour les régions éloignées. Et c’est la même chose pour les communautées ou quelque part tout un chacun c’est complu se convaincre que l’autre était comme lui!… Sans que quelque groupe que ce soit n’est véritablement été vers l’autre. Comme des réserves… La réserve Sagnenay, la réserve québec, la réserve petite italie, la réserve magrébine … Étrange constat et on a du boulot si on ne veut pas devenir a couteaux tirés.

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